De Marianne, considérée comme un des beaux-arts.

Parce que je ne vis pas que de tilleul et d’eau fraîche, j’ai, comme certain, un travail. 

La chance qui est la mienne est de pouvoir vivre d’une passion. Cette passion, c’est travailler pour l’intérêt général, pour le collectif. Pour le collégien, comme pour le petit retraité agricole.

Je suis aux côtés (pour ne pas dire dans l’ombre) d’élus de la République et je te vois rouler des yeux:

_Ah, c’est un politique. Voilà donc pourquoi le pseudo de Chapardeur!

C’est un fait, oui, je vis de la politique. Toutefois politique, ne veut pas dire politicard et je suis le premier à être atterré par l’affligeant spectacle que ce milieu donne en ce moment. J’ai pris mes distance avec la sphère nationale. Seule la vie de la cité locale à mon intérêt.

C’est un sacré milieu tu sais. 

Il faut avoir le cuir tanné tant la violence, la haine (parfois), les combats d’egos (de coqs) ou encore l’incompétence, jalonnent souvent mes journées. Il faut savoir se jouer de ces écueils pour faire avancer les projets, débloquer les situations humaines souvent marqués par la précarité…

Car vois-tu, je considère que mon métier, c’est d’être la meilleure courroie de transmission possible entre mes élus et les besoins/ attentes de leurs administrés (sans distinction de statut social, de richesse ou encore de couleur de peau). 

L’impartialité républicaine, comme boussole. 

Je ne peux pas tout, c’est certain, mais j’essaye avec le peu de moyens dont je dispose, de rendre plus facile la vie quotidienne de tous.

Oui, plus haut je parlais de violence. C’est un fait. Par exemple, aujourd’hui, nous avions une séance publique, c’est à dire comme à l’assemblée les jours des questions au gouvernement. Les citoyens peuvent venir assister aux débats quant aux projets qui structureront le territoire sur lequel ils vivent.

Là où nous serions en droit d’attendre des débats avec une hauteur de vue conséquente, où seul primerait l’intérêt supérieur du territoire, c’est tout le contraire qui s’exprime.

La majorité se félicite, se targue de sauver la veuve et l’orphelin.

L’opposition hurle au déni de démocratie et au mensonge.

Et je suis là, au milieu de ces vocalises (parfois les noms d’oiseaux ne sont pas loin), à me demander ce que je fais dans la mare aux requins.

Mais justement, c’est parce que j’ai la chance d’avoir une forme certaine de reconnaissance, que je tiens bon.

Parfois ça tient à une boîte de chocolat, parfois c’est une petite lettre de remerciement d’une personne qui désormais voit les allocations enfants handicapés, auxquelles son fils prétendait depuis plus d’une année, enfin arrivées…

Ce sont des petits rivières qui forment les grands fleuves paraît-il. J’aime à le croire. 

Alors quand, comme ce soir je rentre avec le sentiment du travail accompli et que je passe la porte de la Chapardière, j’aimerai en la refermant, sentir la chaleur de bras dans lesquels, enfin je pourrais faire tomber l’armure publique, forgée dans un creuset d’acier. 

Mais ce soir, comme tous les soirs depuis Août, je ne le pourrais pas.

Et ce soir, comme de nombreux soirs depuis Août, tu me manqueras.

Ton dévoué.

Chapardeur.

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