De la constance des sentiments considérée comme un des beaux-arts. 

« My tunnels are long and dark these days » Asaf Avidan.

Je viens à toi comme on va en pèlerinage tu sais.

Non pas que j’idolâtre ce que tu es, on idolâtre jamais une déception, mais juste pour que tu saches que j’ai retrouvé le chemin qui me menait jusqu’à toi et que je ne voulais plus emprunter.

Encore et encore.

La vieille sérénade, celle de deux cœurs symétriques pendant quelques années, jetés en pâture aux hungry crocodiles.

Et les ténèbres de la nuit.

Au fond, il ne m’aura pas fallu grand chose pour accepter ce que je refusais jusqu’alors. J’ai essayé avec violence de mettre ça loin de moi. J’ai fait abstraction avec panache de tout ce qui fut notre vie, nos serments, nos pleurs.

J’ai coulé, sur ces papillons par milliers, une chape de plomb. Je ne voulais pas les voir s’envoler après mes maintes infidélités. Je m’auto-persuadais, à l’époque, que de toutes façons, parce que je te trompais, je ne pouvais plus t’aimer ou avoir l’once d’un sentiment pour toi.

J’ai tout renier. Jusqu’au son de ton nom.

Et puis un après midi de mai, un dimanche après-midi pour être précis, il est arrivé.

J’ai cru que j’étais à l’abri de tout avec lui et surtout de toi. Mais non, et quelque part dans mon esprit et mon corps, tu errais encore.

Mais tu le sais bien, renier ce n’est pas accepter. Ainsi, quand la situation avec lui se tendit pour rompre un soir d’Août qui n’en finissait plus, je fus submergé.

Je me noyais sous ses traits qui dissimulaient ton visage. L’entrelacs de ton corps et du goût de sa peau. Les souvenirs des termes de Vichy  au cœur de la forêt de Fontainebleau.

Il faudra attendre un soir de Décembre, glacial et chaleureux pour comprendre. J’accueillais pour la nuit, un ami venu se reposer dans le Gâtinais, à cause de tracas dans son chez lui. Il me força à regarder « Le Château Ambulant ».

C’est à la fin de l’animé, quand les héros parlent de la constance des sentiments que ces derniers, te concernant, se libérèrent de leur prison plombée.

J’ai été surpris, mais je n’ai pas sombré et je ne sombrerai pas.

Je les attendais je pense. J’étais prêt à les affronter. Non pas que je le voulusse (on ne veut pas de la douleur), mais parce que je n’avais pas le choix.

Alors oui, j’ai des sentiments et probablement de l’amour pour toi. Mais cela s’arrête là. Tu ne me corresponds plus, tu ne me corresponds pas. Pourtant, grâce à toi je suis ce que je suis aujourd’hui et rien que pour cela, je ne saurais te remercier à la hauteur de ce que tu m’offris jadis.

Je t’accorde la place qui te revient dans mon cœur mais qui n’est plus omnipotente.

Un autre trouvera la sienne sans peine s’il la mérite. Mais désormais, mon cœur n’est plus ton royaume et j’en récupère la jouissance.

Enfin, je regrette simplement que l’après-midi de Mai se soit transformé en nuit de Décembre, pour cet autre qui avait beaucoup d’amour et d’affection à revendre.

Hélas, le timing et la distance avec ce dernier ont eu raison de cette histoire qui pouvait défier le temps et l’espace. Il est jeune et il trouvera le vrai gardien de son cœur, de cela je ne m’inquiète pas, car c’est avec beaucoup d’amour que je lui souhaite. Il le mérite tellement.

Alors, il ne me reste plus qu’à danser avec les crocodiles affamés et attendre les ténèbres de la nuit.

J’y disparaîtrai pour mieux revenir. Lumineux et cette fois-ci entier.

Ce soir, je suis venu à vous, comme on entre dans les ordres.

A bientôt.

Votre dévoué, Chapardeur.

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