Là, d’où partent les destins.

J’étais à Paris aujourd’hui. Un cadeau pour mon petit cousin à récupérer sur Châtelet les Halles et puis après, j’avais tout le temps du monde pour moi. 

Enfin, tout le temps du monde, si l’on sort de l’équation le dernier Transilien pour ma pampa profonde. 

Je me suis donc promené sur le trajet que, désormais, j’affectionne tout particulièrement. 

Allez viens, accompagne-moi, veux -tu ?

D’abord Châtelet, on passe le long de la canopée (que je ne trouve pas si dégueulasse pour dire vrai, chère certainement, mais pas dégueulasse), puis traversons la Seine pour nous retrouver sur le marché aux fleurs. Ensuite c’est Notre Dame sur la gauche, de nouveau la Seine et nous voici dans le 5ème arrondissement. 

Il est l’heure du five  O’ Clock tea. Arrêtons-nous donc à la plus ancienne maison de the anglais de la capitale (s’il vous plaît): « the tea caddy ». Un goût russe et la vue sur Notre Dame. L’église de Saint Julien des Pauvres derrière nous. C’est un endroit magnifique, ne crois-tu pas ? 

Le thé avalé, filons sur l’île Saint Louis. Courrons sur les pavés, jouons à bousculer les touristes et faire s’envoler les pigeons. 

Puis ce sera la Seine que nous traverserons encore puis qui s’étendra sur notre droite alors que nous retournons à la Gare de Lyon. En chemin nous verrons le port de plaisance mais aussi un abricotier ployant sous le poids des fruits. 

Deja, il sera là, le souffle de la nuit. 

Alors au détour d’une ruelle, je te laisserai. Je disparaîtrai comme aux temps anciens où les volutes de brouillard se mêlaient à celles de la vapeur de ces montres d’acier et de feu glissant sur les rails.

Je serais là; là d’où partent les destins. 

Je serais assis dans le hall 1. Anonyme parmi les anonymes. Un parmis la foule agitée et bruyante. Rien ne me distinguera du reste. 

Je serai juste là, assis sur un banc en face de la voie D, à regarder s’éloigner le TGV de 18:58 pour Lyon. 

Juste là, disais-je, à simplement le voir s’étirer, sans un bruit avec lenteur, pour quitter le sol francilien. 

Et puis mon esprit sera de nouveau accaparer par les gens pressés, les gens perdus, les gens avec un jerrican rouge et un sac Monoprix, les gens qui mangent sur le siège en face de moi, les gens qui téléphonent, le gens qui attendent. Les gens tout simplement…

Je serai là pour observer le TGV de Perpignan , retardé, entrer en gare dans un fracas de métal et de vent.

Ce sera voie H. 

Je m’étais figuré des gens attendant un passager de ce train. Mais non, en fait rien de tout cela. Je ne verrai pas les effusions de deux corps se retrouvant. Moment de vie magnifique et fugace. 

Peut être ai-je parlé trop tôt. Allez, toi là haut, montre-moi cet amour là. Ces retrouvailles là! 

Que je distingue encore une fois cet éclat incandescent dans leurs yeux, pour m’en souvenir dans mon Gâtinais pluvieux .

Non, il n’y aura donc rien eu de la sorte. Juste quelques timides embrassades et étreintes aussi rapides qu’incolores.

Puis il sera l’heure de quitter également cet endroit. Ce lieu, où résonnent sous la verrière, les promesses glissées dans un dernier adieu. 

À dans 11 jours.

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