La vanité des préjugés.

Je te souhaite la joyeuse journée! Comment vas-tu avec ce beau soleil et les jours qui rallongent? 

Alors, il se trouve que la semaine de cette publication est très agitée car je suis dans l’installation de ma Chapardiere. Aussi, j’ai pris un peu d’avance quant à la rédaction de ce billet.

Ce ne fut pas chose aisée car l’inspiration n’était pas là. Je voulais aborder le sujet de la solitude et alors que je commençais à me pencher sur cette question, rien ne se produisit car le feu ne prit pas. Aucunes vagues ne se leva au tréfond de mes organes. RIEN.

Et puis dimanche soir dernier, le déclic. L’incroyable étincelle étincelante s’empara de moi. Il aura fallu un mot et deux reportages sur « sept à huit » pour que je pris ma plume d’encre numérique.

« Raciste » voici le mot qui me sortit de ma profonde catatonie. 
« Raciste » donc, car sur Twitter, j’ai eu le malheur de confondre deux continents.

Je pris mon parti d’en rire tellement la situation me sembla cocasse et irréelle. En effet, rien dans mon propo ne pouvait être qualifié de la sorte. De surcroit, la personne qui m’affubla de ce doux sobriquet, ne me connaissait ni virtuellement (car ne faisait pas partie de mes abonnés), ni vraiment (car je ne l’avais jamais rencontrée).

C’est ainsi que je pris conscience  que l’on pouvait être catégorisé arbitrairement.

Le petit vélo de mon cerveau se mit, dès lors, en marche et je vis avec effroi que notre société se construisait selon ce principe de catégorisation.

Au final, quel est le but recherché face à de pareils manœuvres? 

A cette interrogation, se pose aussi la question de la norme. Et là, le débat s’ouvre.

Le débat s’ouvre, car parler de norme en France, c’est ouvrir la boîte de Pandore.

Nous sommes le pays des Lumières, le pays des droits de l’homme et du citoyen. Il y a des siècles, nous déclarions avec pertes et fracas notre profond attachement à l’humanisme. 

Aujourd’hui, il serait de bon ton de s’en souvenir. Toute notre société actuelle ne tourne qu’autour du dénigrement continuel de l’autre et de la compétition entre les individus.

On s’insurge, s’agite, conspue et insulte la différence, l’originalité.

Notre nation sabre, à grand renfort de média racoleurs,  non pas la déviance, mais simplement la singularité de chacun. 

C’est en cela que nous nous mettons en périls, nous, français et européens. 

L’impardonnable erreur.

A titre d’exemple, il faut, pour être raccord à la norme actuelle de notre société: faire des études, être en couple, rentré à l’heure pour « touche pas à mon poste », regarder les infos, se préparer de bons petits plats que l’on partage en masse sur les réseaux sociaux, terminer la soirée par une série ou un film avec éventuellement quelques ébats d’ordre intime pour les plus courageux (et s’en vanter grassement le lendemain matin avec les collègues ou les amis).

Je force un peu le trait car n’étant pas marseillais, cela ne m’est pas naturel (notez ici le préjugé sur les habitants de cette ville). Je force un peu pour vous montrer simplement que l’on se positionne en fonction de ce que font les autres.

Aujourd’hui, on se méfie de l’homme seul qui va au restaurant ou qui n’est pas démonstratif quant au nombre de ses conquêtes féminines. On se méfie de la femme qui préfère s’épanouir dans sa vie professionnelle (plutôt que dans sa cuisine, allez savoir pourquoi) et qui ne veut pas d’enfant. On se méfie de l’individu qui ne transige pas sur ses valeurs et qui les défends parfois contre la majorité silencieuse et attentiste.

On préfère de loin, faire sien l’avis de la masse que de se forger sa propre opinion (il est vrai que cela requiert de l’énergie et du temps).

Le politiquement correcte a broyé la meritocratie pour en faire la médiocratie dans laquelle, tous à notre échelle, nous aimons nous vautrer.

C’est ainsi que dimanche soir j’ai zappé sur cette émission d’information qui présentait les trentenaires/ quadra qui s’inscrivent sur les sites de l’amour. Dans les portraits que l’on nous présentait, nous découvrîmes cette blogueuse qui relate sur internet, dans un site tels que celui-ci, ses rendez vous foireux. 

Je demande, quel est l’intérêt de cette démarche? 

Dans un autre registre, je découvre, en ce moment, l’application de vidéo live « périscope ». 

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l’étalage de vulgarités, dont font preuve certaine personne à l’égard des utilisateurs de cette application. 

Là encore je demande, quel est l’intérêt d’une telle démarche vis-à-vis des personnes qui nous font découvrir leurs quotidiens, leurs questionnements, leurs envies de partage?

Oui, le numérique à ce pouvoir incroyable de nous connecter à mille et une personne tout en restant derrière notre écran, seul chez soi. C’est un avantage incroyable pour ceux qui sont timides. Notez d’ailleurs que cette « catégorie » (dieu que je n’aime pas ce terme) peut vraiment prendre la parole, l’écran devenant un bouclier incroyable. J’ai en mémoire pour argumenter sur le sujet des timides/ réservés cette vidéo de « Solange te parle » très touchante au demeurant. Une autre traite aussi de la vulgarité numérique.

Garde à l’esprit, que ce système de connection à l’autre nous maintien dans notre confort personnel et nous rend dépendant socialement et affectivement, d’un écran, d’une connexion internet ou de réseau cellulaire.

La vie vraie, ce n’est pas ca.

Rencontrer vraiment l’autre, c’est se mettre en danger, sortir de sa zone de confort. L’autre est là devant nous, entier et singulier. Il ne peut pas faire plus longtemps illusion sur ce qu’il est. 

L’acte en lui même est fort. Découvrir quelqu’un, apprendre de lui, sortir de sa réserve.

Nous n’aimons pas nous confronter aux yeux des inconnus parce qu’il y a toujours quelques jalousies,quelques jugements de valeurs dans nos rapports aux autres. Mais au fond, ne vaut il pas mieux entretenir nos vraies relations que celles du numérique? 

En outre et je finirais là dessus, je me sens de plus en plus étranger à ce système de valeurs duquel rien de bien constructif et péren ne naîtra. 

Oui, plus jeune j’aimais à commenter les défauts des uns et des autres, parfois avec méchanceté, parfois avec taquinerie bienveillante. Jusqu’à ce que je me rende compte du potentiel néfaste que cela impliquait pour mes victimes, mais aussi pour moi-même.

On ne se nourrit pas des noirceurs que l’on débite. On en crève. 

Alors oui, sans être philosophe j’essaye autant que faire se peut de découvrir chacun selon ses capacités et ses envies. Si la relation qui s’établie me plaît (accent circonflexe), je la nourris. Si elle me dérange, j’y mets un terme. C’est pourquoi, quand une personne m’intéresse et que je la découvre par mon écran, j’aime souvent proposer un godet pour faire sa vraie connaissance.

Rien n’est jamais compliqué, il suffit simplement de se décider et de se découvrir.

Cessons la fausseté de nos masques de sociétés. Nous ne sommes jamais obligé de paraître. 

Néanmoins, parce que nous sommes français, nous avons l’obligation d’être. 

A dans 11 jours. 

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