Le Jardin du silence.

22 jours plus tard, il réapparait! Oui, j’ai un peu honte parce que j’avais promis que tous les 11 jours, il y aurait une nouvelle publication. Je n’ai pas d’excuses à donner aussi, j’espère que tu me pardonnes?

Tu me pardonnes, dis?

Je suis tout embêté parce que, en plus du clafoutis, j’avais l’idée de te faire visiter un lieu improbable, dans une ville où tu ne t’attends pas à trouver cet îlot de verdure.

La ville c’est Evry, l’îlot c’est le jardin de la maison du Silence.

Il y a quelques lunes de cela, j’avais publié un petit billet sur « Le Silence« . C’est vrai qu’il s’agit d’un thème assez évocateur pour la réflexion de ce qui nous constitue en tant qu’humain. Aussi, découvrir ce lieu dans la jungle urbaine que représente la préfecture de l’Essonne, fut un moment atypique.

Je profitais d’une fin d’après midi pour me glisser dans ce coin de verdure, perdu au milieu de la minéralité de la gare RER D et du centre commercial de l’Agora.

Il est vrai que d’aspect extérieur et pour les personnes passants tout à côté de ce lieu improbable, rien ne laisse imaginer la présence de ce jardin. Certes quelques branches basses couvrent les murs sur lesquels le lierre a pris place, mais cette présence végétale tient plus du fouillis vert que du jardin exotique.

Et pourtant.

Et Pourtant, une fois la grille d’entrée franchie c’est l’Asie qui t’emporte. C’est le côté philosophique de ce continent qui t’embarque pour un voyage hors du temps. Parce qu’au final, apprivoiser le silence c’est être hors du temps.

J’ai eu la chance de connaitre les grands parcs de détente  à Shangaï. Cette impression de nature retrouvée alors que l’on était ceinturé en tout sens par des huit voies, cette quiétude propice à la méditation et à la gymnastique dans une mégalopole qui compte, parmi les plus rayonnante au monde, fut un moment incroyable de ma vie.

Je suis heureux d’avoir retrouvé un peu de ce sentiment là, ici.

Entrer pour la première fois dans ce petit jardin, c’est entrer dans un monde à part, un monde coupé de la réalité moderne. Certes, il n’est pas immense, mais avec un peu plus de trente années d’existence, il émane de cette chambre verte une présence que l’hiver nous permet d’appréhender au mieux.

Petite parenthèse mais visiter des jardins l’hiver peut ne pas représenter un intérêt particulier. C’est de mon point de vue dommage parce que l’hiver, du fait du repos végétatif, nous permet de regarder les jardins sous un autre angle. C’est à dire qu’à cette saison, ce ne sont pas les végétaux qui font le spectacle. C’est la structure même du jardin qui se dévoile. On remarque le dessin des plates-bandes, les circulations dessinées au milieu des plantes, l’écorce des troncs, la calligraphie des branches nues sous le ciel bleu – glace de Février…

Allez viens, la visite commence.

042Une fois la grille d’entrée franchie donc, nous voici accueillis par une fontaine hors eau (période hivernale oblige) sous une belle pergola.

Le sens de circulation offre à cet endroit, deux choix. Le premier sur la droite emmène vers le bâtiment qui ferme le jardin tout à côté de la fontaine.

Il abrite selon les jours et les créneaux horaires, différentes activités de détentes telles que le Yoga ou encore la sophrologie.

Le second choix, celui que je fis, emmène dans le jardin à proprement parlé.

On emprunte des lors une allée circulaire qui s’éclaire par les fleurs rougeoyantes d’un cognassier du Japon.

On débouche par la suite, sur un petit coin aménager pour les ateliers de relaxation à l’extérieur où les personnes sont invitées à méditer, toujours dans le silence.

C’est sur cette allée, que l’on découvre le conifère travaillé en nuage qui sert de une à l’article. C’est un travail végétal que je ne maitrise pas encore tout à fait mais je m’y suis exercé en Touraine sur un Charme. C’est un exercice qui requiert patience, subtilité et délicatesse. L’attention apportée à ce travail minutieux est, à elle seule ( à la condition d’être exécutée avec sérénité), une méditation.

Puis c’est de nouveau une pergola qui abrite les flâneurs que nous sommes.

027Elle permet de rejoindre une petite place en terre battue au milieu du jardin en passant sous des moulins à prières tibétains.

En hiver, cette place se voit déjà, car seule une plate bandes d’arbustes la sépare de la grille d’entrée. Mais une fois le paravent vert déployé par le printemps, je suis certain que nous ne la découvrons que bien plus tard, lors de la promenade.

Nous y retournerons pour vérifier, curiosité oblige!

C’est donc sur cette place que l’on s’attardera un peu parce que d’ici, les proportions naturelles des arbres, des plantes et autres arbustes apparaissent dans leurs splendeurs. C’est un spectacle minimaliste mais troublant de quiétude.

Je m’était assis sur les bords de la fontaine et j’ai regardé le décor du jardin. Ce fut vraiment relaxant. Il ne manquait à cet instant qu’un bol Raku de thé. Mais même sans cette boisson, j’ai pu retrouver les quelques notes d’Asie que j’avais laissé sur les rives du Bond (le fleuve qui arrose Shangaï et non l’espion de sa très gracieuse majesté).

En voici quelques vues.

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Je fus sortis de ma rêverie orientale par une dame qui raccompagnait son groupe à l’extérieur du jardin. Elle fut surprise de me trouver ici.  En effet, elle m’expliqua que le jardin n’est pas ouvert au public et que par une chance incroyable j’avais pu savourer la quiétude du lieu car elle avait oublié de refermer la grille à clefs. Nous discutâmes quelques instants, puis chacun reprit le cours de sa vie.

Deux réflexions me viennent à l’esprit quant à ce petit jardin.

Tout d’abord, à première vue, j’ai cru que cet endroit n’était pas accessible à celles et ceux qui désiraient y faire un arrêt, même bref. En fait, le Secrétaire du Jardin Intérieur, m’expliquait que le lieu était ouvert à tous sous conditions. La première de ces conditions est que l’ouverture du jardin est faite que si il y a des activités en même temps dans la maison du Silence. La seconde relève de la légitime contrainte qu’est celle de respecter le silence. Il ne s’agit pas  d’un parc pour aller s’amuser avec les enfants ou entre amis.

Ensuite d’un point de vue plus pratique, ce lieu étant fermé et ne possédant pas une superficie extravagante, je crains qu’il ne se referme sur lui à cause de l’ampleur des arbres et des arbustes. Ainsi pour l’avenir du cocon de verdure, peut être qu’une taille de transparence devrait être envisagée. Cette technique est utilisée au jardin du Vasterival en Normandie. Elle permet, outre le fait de ménager à travers la ramure des végétaux des points de vue sur le reste du jardin, de laisser passer la lumière du soleil sur les massifs souvent à l’ombre de la canopée.

Voilà, ainsi s’achève notre promenade dans ce premier jardin. J’espère que la visite t’aura plu?

En attendant de te retrouver dans 11 jours pour le prochain article, j’aimerai remercier la dame qui a oubliée de fermer ce petit coin de paradis silencieux et asiatique.

À dans 11 jours!

 

 

 

 

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