Ils sont précieux.

Pagus Vastinensis, Le 17 Vendémiaire.

Le tango résonne sur ma droite, les notes de musique s’échappent du vinyle, virevoltent au dessus de la fumée d’une verveine chaude et finissent par s’estomper parmi la verte canopée me surplombant.

Ce soir, c’est mon moment à moi. Ce soir j’ai fait ce que bon me semblait.

Alors voilà, j’ai ressorti ma machine à remonter le temps personnelle, mon Tardis quoi ( les whovians comprendront assez aisément cette référence je n’en doute guère). J’ai mis à infuser ma verveine, miellé la tasse qui allait servir de contenant à la tisane et une fois que la délicate opération fut finalisée, car oui c’est toujours délicat, voici que je branchais ce qui dans un temps jadis était désigné par ce terme que d’aucun trouveront surannés mais qui résonne agréablement à mes oreilles: je veux parler du gramophone.

J’aime ce moyen d’écoute pour la musique sur laquelle dansait nos grand parents, puis nos parents et qui revient assez à la mode semble-t’il. J’aime ces moments. Ce sont des instants où l’on prend le temps.

Tout d’abord une fois l’appareil mis sous tension, voici que le choix du disque est à faire. Ce ne doit pas être un moment ni trop lent, ni trop leste comme le disait Juliette et son fameux « déshabillez-moi ». Non, il faut à cet instant précis choisir une musique qui soit en accord avec le flot de votre être tout entier. Ce soir-ci, de mon côté, marquait la fin d’une bien belle journée. Comment dire? elle ne fut pas des plus passionnante, mais c’est une journée, tu sais, où tu sens que tu as été productif et qu’il y a eu une bonne ambiance autour de toi.

C’est pourquoi j’ai opté pour le tango.

il y eut d’abord « El revancha del tango » des Gotan Project que j’affectionneFullSizeRender (1) particulièrement car c’est un son très moderne sur un rythme langoureux d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre, n’est ce pas Charles?

Puis pour finir de m’accompagner en cette divine soirée, ce fut une des reliques que mes parents m’offrirent. « Les plus beaux tangos du monde » par René Marcel et son orchestre s’il vous plaît. Là, ha là, nous sommes il y a longtemps déjà et l’accordéon est quelque peu désuet mais la sensualité des cordes et du piano se mêle avec un tempo sans pareils.

Ecouter un disque disais-je, c’est redécouvrir le temps présent car une fois la face A terminée, voici qu’il vous faille vous relevez pour retourner l’objet et remettre le diamant sur les fines rainures afin de pouvoir écouter la seconde partie. C’est tout un cérémonial, comme celui du thé il est vrai.

Mais quelque part il est de bon ton de s’accorder ces instants à soi.

C’est donc dans la réconfortante pénombre de ce lieu que soudain, sans y prendre garde ainsi que l’amour de Carmen, voici que l’appel de l’écriture se propagea au plus profond de mes veines. Il fallait que je te fasse participer à cet instant. Alors, je pris la plume numérique et me voici devant toi, belle amie lectrice ou bel ami lecteur, c’est au choix.

Ce petit billet se termine avec simplement le souhait qu’à ton tour tu puisses quand tu en ressens l’envie, t’accorder ces petits instants de répits et de rencontre avec soi. chéris les comme des petits trésors. Ils sont précieux.

Bien à toi.

PS: tu fais quoi toi dans ces moments là? Il me plairait de savoir.

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